[53] Mémoires de l’Acad. des Inscript., tom. XVI, p. 245.

[54] Il faut qu’il y ait erreur dans les 599 cités par Fréret.

[55] Son petit-fils El-Aqrân l’avait réparée, en marchant, pour venger son père, contre le pays de Sinn, dont il prit la capitale, et où il établit une colonie de 30,000 Arabes. La postérité de ces colons subsistait encore en 1168, selon Ebn Hamdoun, dans le Thibet, qui est le Sinn des auteurs arabes.

[56] Que les Perses de Kyrus et de Darius, possesseurs de Babylone, aient cru que les rois de cette ville avaient toujours été leurs lieutenants et vassaux, cela se conçoit, parce que, relativement aux Mèdes, prédécesseurs des Perses, il y a un fond de vérité. Mais que les auteurs persans du XIe siècle viennent nous dire que Kyrus et Xercès n’étaient que des vassaux et des lieutenants d’un châh imaginaire, cela ne prouve que leur ignorance profonde de l’antiquité, et ne mérite aucune discussion. On ne peut voir sans regrets que M. Mouradja d’Ohson ait adopté et préconisé chez nous ces rêves asiatiques, dans son Tableau historique de l’Orient; mais l’on conçoit que né Arménien, élevé à Stamboul dans le respect et l’admiration d’un grand pouvoir, M. Mouradja, en devenant drogman et comte suédois, n’ait pu changer d’esprit comme de vêtement: son livre, que nous venons de citer, écrit sans ordre, sans indication d’aucune autorité, n’est propre qu’à donner des idées fausses et vagues, et ne doit, en aucun cas, être regardé comme une histoire de l’ancien Orient.

[57] La racine lahab manque dans l’arabe (Voyez Golius), mais elle subsiste dans l’hébreu, qui, en plusieurs cas, explique très-bien le vieil arabe.

[58] Il est évident que ce nom d’Aâd fut, chez les anciens Arabes, le nom de beaucoup d’individus, en même temps qu’il était celui d’une tribu. Ainsi, chez les Hébreux, Manassé, Siméon, Éphraïm, noms de tribus, sont aussi des noms d’individus. Parmi les merveilles du monde, les Arabes citent le puits de Moattala chez les Madianites, issus d’Aâd, tribu expulsée de l’Iémen. Les Madianites sont cités avant Moïse: donc l’expulsion des Aâdites date de bien plus loin.

Dans leurs récits mêlés de fables, les auteurs arabes citent, relativement à Cheddâd, plusieurs faits d’une exactitude vraiment historique et très-instructifs. Par exemple, Chehab-el-din, dans son livre El-Djoman (les Perles), rapporte que{*},

{*} Voyez Notice des manuscrits orientaux, tome II, pag. 139. Extrait par M. de Sacy.

«Aâd eut un grand nombre d’enfants dont trois régnèrent après lui (savoir): Mondâr, Cheddâd, et Loqman. Cheddâd ayant succédé à Mondâr, fit de grandes conquêtes dans l’Afrique jusqu’à l’Océan. Après 200 ans d’absence, revenu en Iémen, il ne voulut point résider au château de Mâreb, et il acheva le château appelé El Mocheyâd, commencé par son frère Mondâr. Il y employa avec profusion l’or, l’argent et les pierres précieuses (qu’il avait rapportées de ses conquêtes). Les murs étaient ornés intérieurement des pierres les plus rares, et le pavé était de marbre de diverses couleurs (c’était une mosaïque). Cheddâd avait reçu de la nature une force de corps prodigieuse (son nom en dérive: chedid signifie fort); il pliait le fer avec les doigts, et l’éclat de sa voix eût pu tuer un lion... Il vécut très-âgé, et vit sa postérité se multiplier à l’infini...

Le jardin nommé Aram-Zât-el-èmâd (Aram aux colonnes), est encore un ouvrage de ce prince. Ayant lu dans (certains) livres révélés la description du paradis, dont les «colonnes sont d’or et d’argent, la poussière de musc et d’ambre, les gazons de safran et d’iris, les cailloux d’hyacinthe et d’émeraude, etc., il voulut imiter cette magnificence... Il choisit une plaine délicieuse, coupée de 1000 ruisseaux, et il y bâtit un palais enchanté, etc.