De la quantité de pluie qui tombe aux États-Unis.

Des observations exactes et multipliées, faites par divers savants américains, en différents lieux de la côte atlantique, ont désormais constaté que la quantité annuelle et moyenne de pluie qui tombe aux États-Unis est beaucoup plus considérable que dans la plupart de nos pays d’Europe, en exceptant toutefois certaines localités des pays de montagnes[126] ou des fonds de golfe. Le tableau suivant en fournit la preuve. Aucun lieu du pays d’Ouest n’y est mentionné, parce que ce genre d’observation n’y a pas encore été pratiqué, du moins à ma connaissance.

pouc. angl.
A Charlestown (selon Ramsay), en 179571⅘
Par terme moyen, de 1750—à 1759[127]41¾
A Williamsburg[128]47
Cambridge, près Boston[129]47½
Andover (en Massachusets)51
Salem[130]35
Rutland en Vermont[131]41
Philadelphie[132]30

En Europe, au contraire, il ne tombe que les quantités suivantes, savoir:

pouc. franç.
A Saint-Pétersbourg12
Upsal14
Abo24
Londres21
Paris20
Utrecht27
Brest, aucune observation.[133]
Marseille20
Rome28½
Naples35
Alger27½
Padoue33
Bologne24
Vienne42
D’où il résulte qu’en Europe, par terme moyen, il tombe un tiers moins de pluie que dans l’Amérique-nord: néanmoins, dans son Mémoire déja cité, M. Holyhoke cite vingt villes d’Europe, qui, par terme moyen de 20 ans, ont eu 122 jours de pluie tandis que Cambridge n’en a eu que88
et Salem95

Ainsi plus de pluies en moins de jours indique évidemment que les pluies ont tombé par ondées plus vives et plus fortes en Amérique, par arrosements plus doux, en Europe; et nous avons vu que les faits sont conformes à ce raisonnement.

§ II.