1º Que la Norwège est traversée de l’est à l’ouest, par un chaînon appelé Dovrefield ou Dofre, qui la partage en sud et en nord.
2º Que ce chaînon, l’un des plus élevés de ce royaume, a environ trois mille pieds rhinlandais d’élévation (—2901 pieds de Paris—941 mètres—483 toises).
3º Qu’il forme dans le système de l’air, une ligne de démarcation tellement positive, que le nord et le sud n’ont presque jamais les mêmes vents en même temps. S’il pleut dans le pays d’Agherrhous, Christiansandt, etc., il fait sec dans le Drontheim, dans le Nordland, etc.: M. Buch dit les mêmes choses.
4º Ce dernier cas a été surtout remarquable dans l’été de 1800, où le pays de Drontheim, nord du Dofre, a éprouvé des pluies continuelles, au point de perdre toute la récolte; tandis que les gouvernements d’Agherrhous et de Berghen, sud du Dofre, ont éprouvé une sécheresse excessive.—Dans le Drontheim, les vents, depuis juin jusqu’au vingt août, furent si constamment nord-ouest, qu’à peine y eut-il vingt jours d’exception; et le thermomètre variant de six à huit, ne passa point 11° de Réaumur.—Dans l’Agherrhous et le Berghen, les vents furent habituellement sud, sud-est, même sud-ouest, le mercure variant de 14 à 18°; à peine y eut-il sept jours pluvieux, avec cette différence remarquable, que les tables météorologiques de Drontheim et de Christiansandt, comparées l’une à l’autre, offrent plus de vingt exemples, où il pleuvait dans le Drontheim par le vent nord-ouest, tandis qu’il faisait beau et sec dans l’Agherrhous par le vent sud-est; c’est-à-dire, qu’il régnait à la fois deux vents diamétralement opposés. M. Schoenhenter observe que le Iempterland en Suède, à l’est du Drontheim, essuya les mêmes pluies, mais il ignore si le vent y fut le même.—
D’accord avec MM. Wibbe, Grove et Buch, il dit que sur la côte de Norwège les vents dominants sont du quart de l’ouest; qu’ils y sont les vents pluvieux (à raison de l’océan), tandis que le nord-est, le sud-est et l’est, y sont les vents secs: qu’au nord du Dofre, le nord-ouest domine avec le sud-ouest; que l’ouest pur et l’est pur sont rares: que sur la côte de Berghen et dans le bassin de Louken, les dominants sont le sud-ouest et l’ouest, tous deux pluvieux: et que dans le bassin du Glomen et tout le golfe d’Agherrhous, ce sont le sud-ouest grand pluvieux, et le sud-est tantôt sec et tantôt pluvieux: voilà pour la Norwège.
A Stockholm, MM. Svanberg et Melanderhielm, disent que les vents dominants sont l’ouest et le sud-ouest qui sont secs: que les vents pluvieux, plus rares, sont l’est, le nord-est, et en été le sud-est; mais que la péninsule de Scanie et le Smaland, participent au climat du golfe d’Agherrhous: ils observent que juin et juillet, dans l’été de 1800, furent très-pluvieux à Stockholm; mais ils n’ont point joint les tables des vents (qui durent souffler de l’est); alors le nord-ouest régnait à Drontheim, le sud et le sud-est dans l’Agherrhous, et l’est sur le golfe Bothnique; de manière que le Dofre était le point de rencontre et de choc de trois courants opposés.
Expliquer ce qui se passait dans l’air en ce lieu, me menerait trop loin; je me borne à vous observer: 1º Que les inondations de la Suède n’ont pu provenir de la fonte des neiges, comme le pense M***; en juin et juillet les neiges d’hiver sont fondues: 2º qu’il est évident que le Dofre, encore qu’il ne soit pas une chaîne pleine comme muraille, a cependant exercé sur les courants de l’air une action incontestable: si M*** le nie, ce sera de sa part une théorie plus que hasardée. Quoique des groupes de montagnes ne soient pas immédiatement joints, surtout quand leurs vallons marchent en sens divers, il n’en résulte pas moins un obstacle capable de ralentir le fleuve aérien, de la même manière que des files de rocs dans les lits des rivières, barrent et ralentissent le courant des eaux. Au reste, j’aurai l’occasion de développer plus amplement ma théorie à cet égard.—Agréez mes remercîments de l’exemplaire de la Théorie des vents de la Coudraye, qui se trouve être exactement ce que j’attendais d’un marin instruit et observateur.
ÉCLAIRCISSEMENTS
SUR DIVERS ARTICLES
INDIQUÉS DANS CET OUVRAGE.
ARTICLE PREMIER.
SUR LA FLORIDE.
Et sur le livre de Bernard Romans, intitulé A concise natural and moral History of east and west Florida; New-York, 1776, sold by Aitken, in-12.