Mais après tout il n’avait fait que remporter des victoires. Il avait pris quatre villes, marqué son chemin de milliers de cadavres ennemis, rempli sa caisse questorienne des trésors enlevés aux temples, réduit à rien deux des illustres résidences de la Gaule, Génabum et Avaricum.
Il ne lui restait plus, des grandes villes soulevées, que Gergovie à frapper. Les peuples du Nord n’avaient point encore bougé. Les Éduens ne l’avaient point encore trahi. Il pouvait se reposer dans Avaricum avant de reprendre sa marche vers le Sud.
CHAPITRE XIII
GERGOVIE
Ibi Cæsar, erumpentibus desuper hostibus pressus, multa exercitus sui parte perdita, victus aufugit.
Orose, Histoires, VI, 11, § 6.
I. Prestige et tactique de Vercingétorix après la perte d’Avaricum. — II. Séjour de César chez les Éduens; préparatifs de la nouvelle campagne. — III. Passage de l’Allier et arrivée devant Gergovie. — IV. Situation de Gergovie; comment elle fut défendue; comment on pouvait l’attaquer. — V. Installation de César; premiers combats; les Romains occupent La Roche-Blanche. — VI. Première défection des Éduens. — VII. Nouveau système de défense des Gaulois: César prépare l’assaut. — VIII. Assaut de Gergovie et défaite des Romains. — IX. Départ de César; jugement sur cette campagne.
I
La ruine d’Avaricum était la plus grande infortune que la Gaule eût subie depuis l’arrivée de César: des trois grandes villes dont elle était le plus fière, Bibracte, Gergovie, Avaricum, une déjà disparaissait, et les Romains menaçaient la seconde. De la part de cette race qu’on disait impulsive et frivole, le vainqueur pouvait espérer un irrémédiable désespoir.
Mais jamais Vercingétorix n’eut l’esprit plus net et la volonté plus ferme que dans les heures qui suivirent le désastre.