Tout le monde sait que l'Angleterre est la patrie de la boxe proprement dite; les rencontres entre «boxers» y ont toujours attiré une foule considérable qui se livrait à des paris très importants. On peut dire que toutes les classes de la société savent la boxe, et l'utilité de ce sport est augmenté encore par ce fait que le duel est inconnu en Angleterre. Les principales règles ont été fixées au milieu du XVIIIe siècle par le champion Jack Broughton.
La boxe anglaise interdit les coups de pied et de tête, les coups de pied bas, coup de pied de pointe, coup d'arrêt, coup de pied de flanc, coup de pied tournant. Elle considère également comme incorrect la prise de l'adversaire et les coups au-dessous du nombril. On peut donner par contre le coup de poing direct, le coup de poing de côté au visage ou au cou, le coup de poing direct au corps (dans l'estomac), le coup de poing de côté au corps. Deux coups d'égale force, appliqués en des régions différentes du corps n'ont pas le même résultat; les boxeurs cherchant surtout à faire perdre connaissance à leurs adversaires, visent dans ce but les points vulnérables, particulièrement, le creux de l'estomac, la pointe du menton et la carotide; si le coup est bien appliqué l'athlète tombe sans connaissance sur le ring; il est knock-out. Le knock-out est en effet le coup qui met le boxeur hors de combat. Un choc violent entre les deux yeux a pour résultat d'aveugler momentanément; si le pugiliste n'est pas revenu de son étourdissement dans les délais réglementaires, il est considéré comme vaincu. Généralement un match comprend trois rounds (reprises), les deux premiers de trois minutes, le dernier de quatre minutes; deux adversaires d'égale force pourront toutefois se mesurer en un plus grand nombre de rounds. En boxe, le coup de poing doit être donné avec les os métacarpiens.
La boxe française a ajouté les mouvements de la boxe anglaise à ceux de notre ancienne «savate»; elle résulte donc d'une fusion des deux systèmes de combat; c'est le célèbre professeur Lacour—un homme de génie prétendait Alexandre Dumas—qui imagina cette combinaison. Bien entendu, les Anglais considèrent notre boxe comme inférieure, vulgaire et tout à fait indigne d'un gentleman; il n'en est pas moins vrai qu'elle constitue une redoutable méthode de combat qui convient parfaitement à nos qualités d'agilité et de souplesse.
Les professionnels de boxe doivent pouvoir «encaisser» sans broncher les chocs les plus rudes; ils suivent dans ce but un entraînement spécial de «durcissement», qui les rend moins sensibles aux coups. Les amateurs s'exerceront avec profit contre les ballons à boxer, que l'on peut placer dans n'importe quelle pièce. Tous les jeunes gens devraient connaître la boxe.
=Jiu-jitsu.=—Le jiu-jitsu est nouveau venu en Europe, mais il a rapidement conquis ses lettres de naturalisation. Actuellement sport national du Japon il était autrefois en ce pays l'apanage de la caste dominatrice et guerrière des Samouraï.
Triomphe de l'agilité sur la force brutale, le jiu-jitsu permet de vaincre sans armes un adversaire et de le réduire à l'impuissance. Il comprend des coups nombreux: attaques, parades, torsions de membres, «clés au bras» ou armlock, qui se font aux parties les plus vulnérables du corps humain: il enseigne les coups du tranchant de la main du côté du petit doigt, qui est d'ailleurs soumis à des exercices spéciaux de durcissement. Le jiu-jitsuiste frappe la carotide, la pomme d'Adam, le creux de l'estomac, la région du coeur, le sommet de la nuque à la base du crâne (où se fait le coup du lapin), etc.; il retourne et tord les doigts, les phalanges, les poignets; en prenant à faux les bras ou les jambes il obtient des fractures ou des désarticulations. Il faut pour pratiquer le jiu-jitsu un long entraînement.
Cette méthode n'est qu'en partie originale, puisque certaines de ses pratiques sont connues de la savate marseillaise. Mais il complète la boxe française et anglaise et peut rendre de véritables services en cas de surprise ou d'attaque par des criminels. La préfecture de police s'est attaché un professeur de jiu-jitsu. Des matches très courus entre champions japonais et champions européens ont transformé ce genre de combat en sport à la mode surtout en Angleterre, où les jeunes misses demandent au jiu-jitsu l'adresse qui triomphe de la force.
=Courses.=—La course a joué un grand rôle chez les peuples primitifs et chez les anciens, où elle était de première utilité, tant pour échapper à l'ennemi que pour porter rapidement les nouvelles. Les jeunes filles hellènes s'y exerçaient dans les prairies. Les courses occupaient le premier rang dans les stades grecs ou dans les cirques romains. Une des catégories les plus curieuses, en honneur à Athènes, était les lampadophories ou courses au flambeaux, dans laquelle les coureurs portaient un flambeau qu'ils devaient garder allumé. Si cette course est aujourd'hui négligée, on en trouve quelques exemples au moyen âge, par exemple dans les villages du Centre de la France. Il fallait y faire preuve d'autant d'habileté que de vitesse, de même que dans les courses basques, où les femmes portent une cruche pleine d'eau sur la tête.
La course à pied est un sport très populaire, peut-être parce que c'est un exercice simple, naturel et peu coûteux, puisqu'il n'entraîne d'autres frais que ceux du costume, soit un maillot léger et des culottes flottantes. Un très grand nombre de sociétés les favorisent à l'exemple du Racing-Club, du Stade français et de l'U.S.F.S.A., qui ont organisé des matches et en ont fixé les règlements. On distingue deux sortes d'épreuves: les épreuves handicap et les épreuves scratch. Pour que les concours ne soient pas toujours gagnés par les mêmes athlètes dont la supériorité est reconnue, on a cherché à égaliser les chances des concurrents par le handicap; en quoi consiste-t-il? «C'est, nous dit Raoul Fabens dans les Sports pour tous, une course ou un concours dans lesquels les chances de tous les concurrents se trouvent égalisés par suite de rendements. Dans les concours hippiques, le meilleur cheval, rend des points à ses adversaires, c'est-à-dire que ceux-ci portent des poids moins élevés et proportionnés à leur valeur respective. Dans les courses de bicyclette et dans les courses à pied sur piste, ainsi que dans les concours athlétiques, le meilleur athlète rend aux autres une certaine distance en mètres ou en centimètres. Dans les courses sur routes, dans les cross-country le meilleur homme rend à ses rivaux un certain nombre de minutes ou de secondes. Dans les jeux de balles, lawn-tennis, paume, etc., le joueur ou le camp le plus fort rend à l'autre des points». La valeur de chaque concurrent est examinée par le «handicapeur», qui, prenant pour point de départ les performances de chaque athlète, place en première ligne le meilleur coureur dit «scratchman», et en dernière ligne le plus faible «limitman»; entre ces deux-là seront échelonnés les autres concurrents au prorata de leur valeur. Le scratchman part de la raie, scratch; les autres seront avantagés et partiront 10, 15, 20, 30 mètres devant la raie. On appelle épreuve scratch, celle où tous les coureurs partent de la raie (scratch). Le handicap peut être secret, auquel cas on attribue aux concurrents, après la fin de la course, des rendements qui s'additionnent avec les résultats déjà obtenus par eux. A un autre point de vue, on divise les courses en cross-country, courses sur piste, courses sur route.
=Cross-Country.=—Comme son nom l'indique, le cross-country (cross, à travers, country, contrée) se court en pleine campagne. Un traceur ou lièvre, après une étude sérieuse du terrain, part avant les crossmen et trace une piste avec des confettis ou mieux des rognures de papier. Cette piste doit revenir à son point de départ après avoir emprunté routes, chemins et sentiers, traversé des bois et des champs, et franchi des obstacles de toutes sortes, tels que rocher, ruisseau, barrière, haie, talus; elle doit comprendre des montées et des descentes. En Angleterre le cross-country est surtout couru en terres labourées. Le traceur fera bien de contourner les obstacles dangereux, comme les carrières profondes, voie de chemins de fer, etc., pour éviter les accidents, bien superflus, puisqu'il s'agit d'un sport, c'est-à-dire d'un divertissement. Les crossmen ou concurrents, forment la meute suivant cette piste et celui qui arrive le premier est le gagnant.