— Menteur !…
— Je te jure que non… ni elle ni aucune autre… Je ne pose pas avec toi… Je t’avoue franchement que je le voudrais bien, j’aurais moins de soucis qu’actuellement, mais je n’ai pas ce qu’il faut pour être pris au sérieux par ces femmes-là… Oh ! elles me gobent, je ne dis pas le contraire !… J’ai un physique qui plaît… Les béguins, je ne les compte plus… Et elles sont gentilles, elles me rendront bien un service par-ci par-là. Comme j’ai des vêtements, elles me présentent à leurs types… Je suis certain d’être toujours bien reçu si je viens dîner un jour où elles sont libres… Mais la position stable, l’amie qui tient à vous, qui vous donnerait sa peau, non, je n’ai jamais rencontré cela… Je n’ai pas une poigne suffisante… et puis, j’aime trop ma liberté… Je fais des sacrifices parfois, il faut bien vivre… Mais, néanmoins, quand j’en ai trop plein le dos, je crèverais plutôt que de les approcher… Et, pour ce monde-là, faut être à l’attache, comme leurs cabots, toujours prêt pour les gentillesses… Quitte à les rosser si elles vous énervent trop… Mais, moi, j’ai l’horreur de taper… et il y a des jours où j’aimerais mieux me fiche à l’eau que de causer d’amour à une femme.
Cady se coula contre lui, câline.
— Alors, moi, ça t’embêtera des fois de m’aimer ?
Il l’étreignit de toutes ses forces.
— Toi, ma gosse !…
— Et tu ne me battrais pas à l’occasion si je t’agaçais ?…
— Ah ! pour cela, non !… Mais ce n’est pas à cause que ça me dégoûterait, c’est parce que cela me déchirerait de te faire mal.
Elle dit soudain, la voix plaintive :
— Tu penses que je vais avoir le courage de partir, tout à l’heure ?