— Je ne demande pas mieux, mais encore faut-il que je le rencontre… Je ne peux tout de même pas aller le trouver au Palais…

Cady proposa :

— Viens dîner demain… Non ! il n’y aurait pas le temps de faire les invitations… Après-demain, avec ton mari… Il y aura… Voyons, qui ?… Deber, Laumière, Argatte, et puis… et puis, c’est tout, je ne veux pas de raseurs… Tu viendras de bonne heure avant dîner, je dirai que je ne suis pas habillée, Victor te recevra, et tu lui glisseras la chose…

Marie-Annette fit la grimace.

— C’est convenu, mais si tu savais ce que ça me sourit peu !… Il m’intimide, ton mari !…

Cady, préoccupée, ne l’écoutait pas.

— Ne te décollète pas trop, il déteste ça… Pleure un peu, si c’est possible… une larme, ou même une moitié, ça suffit… Dis-lui que tu as perdu aux courses, et qu’alors il t’a fallu emprunter à ta femme de chambre, et que ta dignité ne te permet pas de conserver cette dette.

— Mais, c’est idiot !

— C’est peut-être idiot, cependant c’est arrivé, Victor me l’a raconté l’autre soir, c’était dans une de ses affaires…

— Alors, il devinera que tu me l’as suggéré.