— Oh ! et puis, soyez tranquille, ça ne va pas tarder !…
En deux ou trois mouvements rapides, elle avait relevé ses cheveux, piqué des épingles d’écaille, rabaissé des ondulations sur son front. Puis, saisissant une souple robe maïs, au corsage de dentelle et de tulle gris pâle, garni de pampilles maïs et bleu ardoisé, elle la passa promptement. Cela se fermait sous le bras et par derrière, en biais.
— Agrafez cela ! commanda-t-elle d’un ton rogue.
Paul de Montaux obéit docilement. Ses longs doigts effilés se débrouillaient avec adresse dans les dentelles, le tulle et les plis d’étoffe.
— Écoutez, fit-il, sérieux, il faut absolument que nous ayons une explication. C’est pour cela que je suis venu de bonne heure.
Elle répliqua, toujours sèchement :
— Oh ! je pense bien que ce n’est pas pour mettre le couvert !… Non, à droite, sous le chou… plus bas.
Courbé, agrafant patiemment, avec soin, il reprit :
— Je vous assure que je suis on ne peut plus chagrin de votre attitude… et stupéfait.
— En vérité ?… Je ne vois pas qu’il y ait lieu à aucune stupéfaction… Non, ne vous acharnez pas, cette agrafe est brisée, la suivante suffit… En tout cas, ce n’est guère le moment de discuter cela !…