— Maintenant, cela a très bonne mine !… Je vais le lui faire prendre… Ensuite, vous apporterez le lait d’orge aussitôt qu’il sera prêt.

Elle courut au cabinet du juge, qui sommeillait, les pieds touchant presque le feu. Il ouvrit un œil languissant.

— Cady, ma petite, déjeune seule, je suis incapable de manger quoi que ce soit.

— Je n’ai pas faim ! déclara-t-elle. Tiens, voilà une excellente tisane qui te remettra.

Il protesta :

— Oh ! non, les tisanes !…

Pourtant, Cady insista avec tant de chaleur que, pour la contenter, il se résigna.

Accroupie auprès du fauteuil de son mari, elle le contemplait avec la plus vive curiosité ; tandis que, sans regarder le contenu de la tasse qu’il avait prise, il la portait à ses lèvres.

Le résultat fut désastreux.

A peine avait-il avalé une gorgée du liquide tiède qu’il se leva, fuit avec égarement vers son cabinet de toilette, en déposant au passage la tasse sur une table avec une telle précipitation qu’elle chavira.