Et, changeant de ton :

— Nous allons rentrer vivement dans l’hôtel par un escalier de service que j’ai déjà exploré… Vous gagnerez votre chambre, et vous vous coucherez… Je vous enverrai votre mari, et vous lui expliquerez que vous étiez fatiguée, et qu’après avoir fait un tour dans les jardins à mon bras et en compagnie de Jacques Laumière — votre infect peintre est prévenu — vous êtes rentrée vous reposer.

Cady branlait la tête d’un air de révolte.

— Je veux bien passer par ma chambre et répéter vos petites bourdes imbéciles… mais, envoyez-moi tout de suite mon mari, que ça soit vite fini, cette comédie, parce que je ne veux pas du tout me coucher… Je dois danser le cotillon avec Paul de Montaux.

Argatte haussa les épaules avec mauvaise humeur.

— Montaux, maintenant !… Vous n’êtes pas un peu folle ?… Enfin, faites à votre fantaisie.

— C’est bien mon intention, dit-elle avec décision.

Ils parvenaient à l’escalier désert et peu éclairé. Félix Argatte s’arrêta.

— Je vous laisse… Ça serait la déveine qu’on nous pige ensemble.

Et, comme elle lui serrait la main, gentille, avec un « merci » amical, il se plaignit.