— Et la suite ?…
— Il n’y en a pas eu… Mon berger a voulu absolument me rapporter jusqu’à la ferme, toujours en me tenant serrée contre sa poitrine… J’étais très bien… Je devais le revoir au détour du sentier grimpant à la montagne où il conduisait ses chèvres… Puis, le lendemain, j’avais la fièvre, et plus tard je ne me suis plus souciée de lui.
Maurice soupira.
— Ah ! si toutes vos aventures n’avaient eu que ce dénouement-là !…
Elle répliqua tranquillement :
— Soyez bien persuadé que je ne vous conterai que celles qui sont analogues… Versez le thé, voulez-vous ?… Cette théière a un bec qui ne m’inspire aucune confiance, et je préfère que ce soit vous qui fassiez du gâchis…
Il obéit, sans abandonner son questionnaire.
— Et ensuite ?
— Chez moi, on avait soupé des institutrices. Dans le fond, la Femme-parfaite crispait mes parents autant que moi. On décréta que j’étais assez grande pour qu’on me sorte… En réalité on trouvait que j’étais bonne pour accompagner ma sœur Jeanne… J’ai suivi des cours où j’étais la répétitrice de ma sœur, j’ai avalé des concerts, des conférences, des ventes de charité, des matinées, des soirées, des garden-parties, des inaugurations, des séances de Sorbonne, de cliniques… Que voulez-vous que je vous dise de plus ?… J’ai été, des années durant, la fille du ministre dans toute sa plate horreur…
— Et les flirts… absents ?