Cady s’étonna.
— Tiens, il ne m’en a rien dit !
— Je l’avais prié de ne pas vous en parler.
Elle remarqua, avec un peu d’amertume :
— Comme l’on s’entend bien, pour me mentir !… Vous, cela ne me surprend pas… mais je croyais Argatte plus franc !…
Il reprit vivement :
— Je sais où s’est réfugié Renaudin… Il est à Montreux. J’en ai avisé Argatte, qui lui a écrit de nouveau ce matin. Du reste, il n’est pas nécessaire d’attendre sa réponse… Vous pouvez, dès à présent, vous mettre en relations avec un avoué… Si vous n’avez pas de préférence, je vous recommanderai Sylvestre Claudin, un homme sérieux et consciencieux, dont l’autorité est incontestée…
Cady le considérait en souriant froidement :
— Vous êtes bien pressé de me voir divorcer !… Vous êtes tenace, et rien ne vous rebute… A mesure que le vide se fait autour de moi, vous vous rapprochez… Dites-moi donc, Deber… je croyais votre famille passablement cléricale… Est-ce qu’elle vous autoriserait à épouser une femme divorcée ?…
— Est-ce que je pense à cela en ce moment ? s’écria-t-il. Je voudrais vous secourir, soulager votre peine !… Je voudrais que vous puissiez vous éloigner de tout ce qui vous a été néfaste… vous refaire une autre existence… près ou loin de moi… peu importe, pourvu que vous y appreniez enfin le vrai bonheur de la vie saine, paisible, honnête, dépourvue d’agitations mauvaises…