— Il a enlevé le consentement de ma mère, pour qu’elle me permette de vous accompagner… Dame ! C’est vrai que je ne suis plus une petite fille… mais il n’est pas moins certain que c’est la première fois que je quitte maman et que je voyage seule.

Cady eut un petit rire attendri, un peu confus.

— Je bouleverse tout dans votre famille, n’est-ce pas ?

Denise la regarda longuement et reconnut, d’un ton sérieux et affectueux, meilleur que les plus vives protestations :

— C’est vrai !


Quelques jours plus tard, le temps ayant changé, un beau soleil inondait la petite chambre.

Connaissant le goût de Cady pour les fleurs, Mlle Denise avait empli une jardinière de tout ce que le pays — de pauvre ressource — avait pu lui fournir : deux pieds de géraniums encore assez abondamment fleuris, une touffe d’héliotrope, des fougères ramassées au pied des haies et un petit rosier du Bengale aux pétales pâles.

Comme Denise poussait la jardinière devant la fenêtre, Cady réclama, attristée :

— Oh ! laissez-moi ces fleurs ! J’aime tant leur senteur fraîche !…