— Je m’étais endormi pour consulter mes songes à propos de la route que je dois suivre, répondis-je sans hésiter. Depuis longtemps je projette un grand voyage en Asie et en Afrique, et, hier soir, ayant observé que la conjonction des planètes était favorable, je me suis décidé à partir.
— Puisque vous vous éloignez de Palerme, dit courtoisement le marquis, permettez-nous de vous offrir une place dans notre carrosse. Tout chemin mène en Asie, et votre compagnie nous fera honneur.
Dès que nous fûmes assis dans le carrosse, qui avait assez bon air pour un carrosse de campagne, le cocher toucha les chevaux, et l’orfèvre reprit :
— Ainsi, seigneur Balsamo, mon compère ne s’est point trompé ? Vous vous occupez de cabale ?
— Cela se pourrait bien.
— Et cette cabale, poursuivit-il, enseigne les moyens de découvrir les trésors cachés ?
— Incontestablement. Mais est-ce donc de la recherche d’une somme enfouie que s’inquiètent vos seigneuries ?
— Voici l’histoire, dit le marquis Maugiri. En consultant des papiers de famille, j’ai trouvé des notes fort intéressantes sur un trésor que l’un de mes ancêtres doit avoir enterré dans une espèce de caverne, près de Saint-Pierre-en-Mer. J’ai fait confidence de ma découverte à mon compère Murano…
— Qui a bien payé pour cela, dit l’orfèvre.
— Oh une misère.