En jouant au bord de la rivière, sur le sable et les cailloux, l’enfant avait glissé, avait roulé, était tombé dans l’eau.

Dieu vivant ! il vit son petit-fils, son amour, son extase, disparaître dans le courant.

Oh ! le vieux Blas avait soixante et onze ans, mais le vieux Blas était robuste. Un fort nageur, c’était lui. Il lâcha la manivelle ! Il allait s’élancer : il rattraperait son enfant, dont la tête venait de paraître, là, plus loin.

Mais le train maintenant était tout proche. Si le vieux Blas ne se hâtait pas de baisser tout à fait le pont, la locomotive se heurterait contre le tablier solide, et ce serait un effrayant désastre, les voitures saccagées, et des blessés et des morts.

L’enfant reparut encore, toujours plus loin, appelant, élevant les bras !

Que fit le grand-père ?

Il reprit la manivelle entre ses deux fortes mains. Bientôt le tablier du pont eut rejoint la rive opposée ; et la locomotive, les wagons, roulant avec un bruit de foudre, s’engouffrèrent dans le tunnel, disparurent, ne furent plus qu’un fracas lointain qui ébranlait la montagne.

Le train avait passé, l’enfant s’était noyé.

Le vieux Blas, avec des yeux de fou, regardait la rivière qui avait emporté le petit Blas.

IV
Après le devoir accompli