Plan de la mosquée de Bayazid.
La tribune impériale, en marbre ciselé, se trouve à l’angle droit du mihrab, sur des colonnes. La tribune des muezzins, également en marbre et supportée par des colonnes, est adossée au pilier droit à l’entrée de la porte principale, qui est surmontée d’une galerie assise sur une rangée de consoles de marbre. Sur la porte principale, du côté de la cour, une plaque indique en lettres dorées, calligraphiées par le célèbre Hamdoullah, la date de la construction de cette mosquée.
و قد و قع الابتداء بالبناء فى لواخر ذى الحجة لسنة ست و تسعمائه ٩٠٦ واتفق الاتمام فى سنه احدى عشر و تسعمائه ٩١١
«La construction a été commencée vers les derniers jours du mois de Zilhidjé de l’an 906 et terminée en l’an 911 de l’Hégire.»
Hadikatul Djevami cite les noms d’Emin bey et de Hassan halifé comme étant deux des intendants de la mosquée désignés par le Sultan. Cette fonction était alors particulièrement recherchée. L’excédent des matériaux, ajoute le même livre, servit à Mehmed saïd effendi, moutemet (intendant) de la construction, pour élever une petite mosquée à Dizdarié.
La coupole de la mosquée est couverte en plomb et est ornée à son sommet d’un alem d’or en forme de croissant.
L’alem qui orne généralement le faîte de chaque coupole a plutôt la forme d’une corne double que d’un croissant. Son origine doit remonter aux Égyptiens, chez qui la corne était le symbole de la force. Les Turcs la fixaient aussi à l’extrémité de la hampe de leurs étendards.
De même que les autres grandes mosquées, celle-ci compte plusieurs dépendances, telles que l’imaret et la bibliothèque. La bibliothèque, restaurée dernièrement, est la plus grande de la ville. Plusieurs manuscrits de grande valeur y sont conservés. Elle fut fondée par Veliuddin effendi, Cheih-ul-islam. Tous les livres parus en turc jusqu’à nos jours y sont à la disposition du public.
L’aspect intérieur n’est plus le même qu’au temps passé. On y voyait jadis des pupitres très bas disposés sur le plancher couvert de nattes. Le public se mettait à genoux devant ces pupitres à la mode ancienne. Les costumes qu’on porte aujourd’hui exigèrent une installation moderne et ces pupitres (rahlés) furent remplacés par des tables, des fauteuils et des chaises. Dans le jardin, derrière la mosquée, se trouve la sépulture (turbé) de Bajazet II, mort en 1512. Ce tombeau fut construit sous Sélim.