MOSQUÉE SULEÏMANIÉ
Parmi les grands édifices et les mosquées que le sultan Suleïman le législateur a fait construire, la mosquée qui porte son nom est la plus imposante.
Cette mosquée, construite également par l’architecte Sinan de 1556 à 1566, est le véritable chef-d’œuvre de l’art ottoman. Elle s’élève majestueusement sur le sommet d’une colline qui domine la Corne d’Or. Son emplacement est merveilleusement choisi et son immense enceinte plantée de cyprès et de platanes lui fait un cadre d’un charme extraordinaire.
La pureté de son style et l’harmonie de ses contours se dessinent sur un site féérique. Sinan disait, dans un ouvrage écrit de sa main, que la mosquée de Chahzadé était son œuvre d’apprenti, la mosquée de Suleïmanié, son œuvre de bon ouvrier et celle de Sélim à Andrinople, son œuvre de maître.
A chaque coin du parvis se trouve un minaret à trois et deux galeries ornées de magnifiques stalactites. Les deux minarets qui sont le plus rapprochés de la coupole sont plus grands que les deux autres. Chaque cherifé a son escalier exclusivement réservé; trois personnes peuvent monter à la galerie ou en descendre en même temps sans se rencontrer. Tout l’édifice est conçu selon la forme d’un immense triangle et l’inégalité de grandeur qui existe entre les minarets produit un effet de perspective des plus heureux.
Plan de la mosquée Suléïmanié.
Par le nombre de ces galeries, l’architecte a voulu symboliser l’ordre qui caractérisa le règne de son fondateur, en même temps qu’imposer par ce chiffre 4 le souvenir de ce fondateur, IVme Sultan depuis la prise de Constantinople. Ses chérifés, au nombre de dix, indiquaient qu’il était également le dixième empereur depuis la fondation de l’Empire ottoman.
Trois belles portes font communiquer la porte extérieure avec le parvis; l’une se trouve sur la façade principale et les deux autres sur les côtés.