III.—LES CIMETIÈRES
Les musulmans souhaitent, pour la félicité de leur âme, reposer après leur mort près d’un édifice religieux.
Les Sultans, les grands dignitaires de l’État, les grands personnages, les riches, les gens aisés se font enterrer près d’une mosquée où la prière est continue.
Les Sultans et les pachas ont toujours leurs tombeaux près de la mosquée qu’ils ont fondée.
En général, à chaque mosquée est attenant un petit jardin qui sert de cimetière; on y trouve le tombeau du fondateur, entouré des tombeaux de ses parents et des grands personnages.
Les sépultures couvertes qu’on appelle turbés sont réservées aux saints, aux Sultans et aux personnages considérables.
On ne peut faire un plus grand honneur à un défunt que de lui élever un turbé.
Les turbés sont généralement construits en forme octogonale ou carrée, surmontés d’une coupole et précédés d’un vestibule.
Dans les turbés des très grands personnages, des gardes (turbedars) veillent sans cesse en lisant le Coran. Les turbés des Sultans diffèrent de ceux des saints, en ce qu’ils sont plus richement décorés; ceux des saints ont un aspect plus mystique et plus religieux.
On y voit un cercueil (sandouka), en forme de caisse à base rectangulaire, recouvert d’un couvercle prismatique. Ce cercueil est couvert de draps noirs ou verts et d’étoffes de valeur portant des versets du Coran brodés en or et en argent. Du côté de la tête est placé un turban rappelant la coiffure que portait le défunt. De chaque côté du cercueil près de la tête sont posés deux grands candélabres garnis de cierges; les candélabres sont en bronze ou en argent, selon l’importance du défunt.