A la pointe du sérail, sur une terrasse du jardin du Palais impérial, s’élève une colonne d’ordre corinthien, taillée dans un seul bloc de granit, et ayant 15 mètres de haut. Sur le côté du piédestal tourné vers le Bosphore, on lit les inscriptions suivantes: Fortunæ reduci ob dévictos Gothos. Cette colonne qui portait jadis, d’après Nicéphore Grégoras, la statue de Byzas, est un des plus antiques monuments de Byzance. Elle fut érigée en souvenir des victoires remportées sur les Goths, sous l’empereur Claude II le Gothique.

STATUE DE JUSTINIEN

Cette statue, appelée dans le livre des Cérémonies «Achilleus», est indiquée sur le plan de Banduri et par Buondelmonte au nord-est de l’hippodrome; elle existait encore à l’époque où Christophe Buondelmonte visita Constantinople, trente années avant la conquête turque.

Elle devait être située près de l’endroit où une plaque en fer couvre l’entrée d’une citerne sur la place de Sainte-Sophie. La position de cette statue équestre, qui n’existe plus, est aussi indiquée par les auteurs. Elle était tournée vers l’Occident. Selon le récit de Zonaras, elle s’élevait à l’endroit où se dressait auparavant la statue argentée de Théodose le Grand.

Un dessin de cette statue, datant de 1340, se trouve dans la bibliothèque du sérail; il correspond assez exactement à la description donnée par les auteurs byzantins. L’Empereur y est représenté sous la figure d’un chevalier, portant sur la tête une plume énorme qui ressemble à la queue d’un paon.

Parmi les monuments disparus, citons enfin la statue de Théodose Ier, érigée au forum Tauri, et une autre statue de Théodose, élevée par son eunuque Christoforus, près de la porte de Selimbria.

VI.—LES AQUEDUCS ET LES CITERNES

Comme Byzance était toujours exposée au danger d’un siège, on avait eu soin d’aménager plusieurs grandes citernes pouvant contenir une quantité d’eau suffisante pour alimenter la ville durant plusieurs années. Ces citernes ont été construites sous le règne de différents empereurs, et dans divers endroits de la ville.

Byzance avait d’abord, au IVe siècle, des citernes ouvertes, c’est-à-dire d’immenses bassins entourés d’arbres, à la manière des citernes ouvertes de Syrie. Les citernes de Bonus, actuellement Tchoukour Bostan, et celles de Pulchérie et de Mocius appartiennent à ce genre.

D’après la chronique Pascale, la citerne de Mocius ou d’Aspar, fut construite par Aspar, chef de la milice gothique sous Léon Ier, pour alimenter les Goths cantonnés dans l’Exokionion. Plusieurs de ces citernes ont été remplies de terre et transformées en jardins potagers au temps de l’empereur Héraclius. On les appelle aujourd’hui Tchoukour Bostan (Potager bas).