Cet aqueduc a été bâti avec des pierres, fournies par les ruines des murailles de Chalcédoine. Commencé au IIe siècle, il fut continué par Constantin (306-337) et terminé enfin par Valens (366-378).
A l’époque de Justinien, cet aqueduc tombait déjà en ruines. Il fut restauré sous les Turcs pendant le règne du sultan Suleïman. La hauteur de l’aqueduc est de 23 mètres au-dessus du sol. Il a une longueur de 625 mètres. Les eaux qu’il amenait se déversaient dans une citerne appelée Nymphæum Maximum et qui était située sous le champ d’exercice du Séraskérat.
VII.—L’HABITATION CIVILE BYZANTINE
Dès que Byzance eut été transformée en capitale romaine, les patrices et les citoyens arrivés de Rome se hâtèrent de construire des habitations.
C’est Rome qui fournit les premiers modèles, et au début on ne vit partout que le type de maisons romaines.
Les riches patriciens avaient leurs maisons ornées de portiques et de cours à colonnades. On déployait un grand luxe dans la décoration de l’intérieur; les mosaïques et les incrustations étaient surtout en faveur. Les riches avaient leurs bains privés et même leurs citernes. Les murs et le sol de leurs habitations étaient décorés de marbres de couleur et de mosaïques.
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Mais ces habitations construites hâtivement ne purent résister très longtemps, et presque toutes furent détruites par les tremblements de terre et par les incendies. Déjà, vers la fin du Ve siècle, les grandes fortunes particulières ayant disparu, on avait construit beaucoup de maisons en bois. Vers le VIe siècle, au moment où l’art byzantin devait prendre sa forme définitive, les goûts et les conditions de vie des habitants différaient sensiblement de celles de Rome, et l’intérieur des habitations commença à se modifier. Le goût des maisons syriennes s’était manifesté dans les maisons romaines, ce qui fut la cause du mélange des deux styles et donna naissance à une nouvelle forme typique. Ainsi les habitations, romaines à l’origine, commencèrent à prendre une autre forme et ne restèrent même pas à l’abri de l’influence de l’art religieux byzantin. D’un autre côté, comme l’espace déterminé par l’enceinte de la ville obligeait les propriétaires à économiser le terrain, on commença à faire des balcons à encorbellement pour gagner sur la rue, déjà fort peu large. Ce mode de construction existait déjà à Pompéi au IIe siècle. M. de Vogüe, nous montre que ces balcons existaient aussi en Syrie au IVe siècle[56].
[56] De même qu’à Rome, les gens de la classe moyenne à Constantinople tenaient à avoir un logement leur appartenant; un certain mépris s’attachait à l’état de locataire. Pour cette raison, une maison appartenait quelquefois à plusieurs propriétaires, qui s’en partageaient les étages. Aujourd’hui encore il existe à Constantinople des propriétés dont les étages inférieurs et supérieurs appartiennent à différents propriétaires.