Un éclair brille au front de ce prédestiné,
dit encore le poète Fréchette[123]. Et avec quel lyrisme mêlé pour ainsi dire de respect le même poète nous montre, du haut des vieilles tours de Saint-Malo,
Cartier et ses vaisseaux s'enfonçant dans la brume,
puis, marchant toujours vers sa providentielle destinée, aborder enfin ces rives mystérieuses et désertes où
Nul bruit ne vient troubler le lugubre silence
Qui, comme un dieu jaloux, pèse de tout son poids
Sur cette immensité farouche des grands bois.
[Note 123: ][(retour) ] Légende d'un peuple, p. 34.
Mais ce charme magique, Cartier l'a rompu; cette terre déserte sur laquelle il débarque, c'est celle que Dieu a réservée au peuple canadien: elle est prête, il peut venir, et c'est lui qui va fonder
«Sur ces rives par Dieu lui-même fécondées