Fac-simile d'une planche des Songes drolatiques.
On voit souvent, dans les prétendus dessins de Rabelais, des personnages coiffés de larges feutres, dans la lisière desquels sont passés des couteaux ou des cuillers à pot, détail qui se retrouve également dans mainte composition de maîtres flamands. C'est l'arme du paysan, du pêcheur, toujours prêts à éventrer les quelques poissons apportés par les flots sur la plage: en une seconde, le poisson est jeté dans la marmite. L'homme n'a pas besoin d'un grand attirail de cuisine pour se mettre à table: une cuiller à pot lui suffit.
D'après Breughel.
L'auteur des Songes drolatiques s'est plu à représenter des personnages enserrés dans des tonneaux ou des pâtés au travers desquels ils passent leurs bras armés de couteaux et de scies pour en fendre la croûte: on retrouve certains gestes et actes analogues dans les pêcheurs du maître de Breughel, Jérôme Bosch, et dans Breughel lui-même, qui a représenté des gens avalés par des poissons et se frayant un passage avec leur couteau, en coupant à même de l'animal des tranches de chair.
Ces analogies deviennent plus marquées dans la planche Invidia qui fait partie de la série des péchés capitaux peints par Pierre Breughel. Ici des détails tout à fait identiques ont été empruntés par le graveur des Songes drolatiques.
D'après les Songes drolatiques.
Breughel imagine une tente terminée par deux jambes bottées s'agitant en l'air.