Les pierres représentent les fidèles.

La chaux qui entre dans le ciment reliant chaque pierre est l'image de la charité fervente; elle se mêle avec le sable en témoignage des «actions entreprises pour le bien temporel de nos frères.»

L'eau qui mélange la chaux et le sable est l'emblème de l'Esprit-Saint. «Et comme les pierres ne peuvent adhérer ensemble sans ciment, de même les hommes ne sauraient entrer sans la charité dans la construction de la Jérusalem céleste[9]

[9] Guillaume Durand, Rationale divinorum officiorum, 1459.

Et on commente encore aujourd'hui un tel symbolisme, et on en glose; il existe une classe d'archéologues qui en font leur nourriture habituelle, et voudraient donner comme actes de foi ces significations prétendues théologiques; on affirme qu'une telle langue figurative était comprise de tout le moyen âge, et cette iconographie prétendue hiératique est érigée en symbolisme chrétien et dogmatique!

Ailleurs les portails sont appelés les cathéchismes moraux des emblèmes; dans les gargouilles fantastiques du moyen âge on veut voir «l'emblème des esprits malins qui se retirent des murs sacrés[10]

[10] Voir le Symbolisme dans les églises au moyen âge, de MM. J. Mason Neable et Benj. Webb, avec introduction par l'abbé Bourassé. Tours, Mame, in-8, 1857.

J'admets le caractère précis de l'Explet de la pérégrination humaine, compilé par frère Guille de Guyeville, en 1331. Chaque péché capital, décrit avec ses attributions, est dessiné sur les marges du manuscrit. Ainsi l'Orgueil porte un soufflet; les serpents rongent certaines parties du corps des luxurieux: ces figures emblématiques représentent les vices. Par de telles représentations, qui se rapprochent des visions de Dante, Guille de Guyeville montre des malheureux entourés de flammes et de crapauds, «et autres vermines nuisens,» qui s'attaquent à des gens ayant vécu «très-luxurieusement[11]

[11] Manuscrit de la bibliothèque de Metz.

Mais je ne croirai jamais que l'ogive soit la représentation de la Trinité, et les symbolisateurs qui interdisent l'emploi de l'ogive au culte protestant me semblent encore plus excentriques qu'intolérants[12]