Pour prendre un exemple, on peut comparer les dessins des manuscrits d'un Térence du neuvième siècle avec certaines figures du Roman de Fauvel, du quatorzième siècle.
Figure détachée d'une miniature du Roman de Fauvel (XIVe siècle).
Il y a là certains rapprochements curieux à établir avec ces masques d'élément païen;[Pg 9]
[Pg 10]
[Pg 11] mais l'inspiration chrétienne, quoique confuse au début, se dégagea bientôt de ces ressouvenirs; les masques des anciens n'influencèrent que médiocrement les auteurs des mascarons des édifices gothiques. Par une sorte de génération spontanée dont les produits grouillent à l'ombre des monuments comme des vers dans un coin de terre humide, ces larves informes s'agitent, dressent la tête, remuent la queue, commencent par ramper au pied des statues, et, semblables à de mauvaises herbes, envahissent les sommets les plus élevés des cathédrales; elles n'ont rien de commun avec les manuscrits historiés du poëte latin.
Miniature du Térence de la bibliothèque du Vatican (IXe siècle).
A partir du dixième siècle, un certain développement se fit sentir, marchant vers la réalité qui jusque-là n'avait paru qu'une lueur lointaine. C'est alors qu'il est intéressant de lire la bizarre écriture que traçait le peuple sur la pierre. On démêle les pensées confuses qui emplissaient son esprit: terreur, sentiment égalitaire, raillerie qu'exprime une trilogie qui, du moyen âge, va jusqu'à la Renaissance: le Diable, la Danse des Morts, Renart.
De ces héros, qui occupèrent une si grande place dans la poésie et l'art, on peut encore tirer quelques enseignements, quoique aujourd'hui ils semblent archaïques.
D'après un manuscrit flamand de la bibliothèque de Cambrai.