LE ROMAN DE FAUVEL
Philippe le Bel avait à lutter contre le pape, les ordres mendiants et les Templiers. Ce fut alors et pour la première fois que la satire servit d'arme à la royauté. Un poëte, François de Rues, composa le Roman de Fauvel, dont le type principal était un cheval[54]. En face du noble animal tous baissaient la tête et s'humiliaient: les papes, les cardinaux, les princes, les magistrats, les bourgeois et les gens du peuple.
[54] Fauvel vient de fauve, a-t-on dit.
Chacun flattait, caressait le cheval, «torchait Fauvel,» car le mot devint proverbial.
Longtemps après la vogue du poëme on disait d'un courtisan: «Il torche Fauvel.»
De Fauvel descent flaterie
Qui du monde a la seigneurie.
Fauvel fut donc la représentation du pouvoir royal, et le poëte explique pourquoi il l'a symbolisé sous l'apparence d'un animal:
Car hommes sont devenus bestes.