«Lorsque le chien fut créé, il attendait encore sa pelisse; la patience lui manquant, il suivit le premier venu qui l'appela. Or ce passant était le diable, qui fit de cet animal son émissaire, & qui même en prend quelquefois l'apparence. La fourrure destinée au chien fut donnée au chat; c'est peut-être ce qui explique l'antipathie des deux quadrupèdes, dont le premier estime que l'autre lui a volé son bien.»
[X.]
INSTINCT MATERNEL CHEZ LES CHATTES.
M. Charles Asselineau, me sachant occupé d'un travail sur les chats, m'envoie l'observation suivante:
«Ma chatte fait ses petits à la campagne. Je lui en laisse un pour empêcher que son lait ne lui monte à la tête, & je donne l'autre à ma blanchisseuse.
«Pendant une des nuits suivantes, toute la maison est éveillée par des lamentations de jeunes chats à fendre l'âme. Il pleuvait à torrents.
«La jardinière, qui a le cœur tendre, se lève & trouve le petit chat à moitié noyé, transi, mourant. Elle le prend, l'emporte, &, pour le réchauffer, le couche à côté d'elle dans son lit.
«Le lendemain matin, on présente le petit à sa mère. Il se jette sur elle en affamé & essaye de se coucher sous son ventre pour teter; mais la chatte le repousse énergiquement, se hérisse, jure & montre les griffes. Vingt fois on renouvelle la tentative avec le même succès.
«Nous voilà tous scandalisés, indignés contre cette marâtre, qui ne reconnaissait plus son fruit après deux jours de séparation. Mes nièces en pleuraient: «Oh! la vilaine, la mauvaise mère!»