Tout d'abord, le chat vient faire ses griffes contre le tronc de l'acacia, après quoi il grimpe aux premières branches, saute à terre, remonte, redescend.
Ayant fait quelques tours dans le jardinet, le chat s'aperçoit que son maître pensif est courbé devant une table, griffonnant du papier. Cela ne fait pas son affaire. Il grimpe sur le banc à mes côtés, s'y accroupit un instant, & tout à coup saute sur la table, se demandant quelle est la grave occupation qui m'empêche de prêter attention à sa personne.
—Je serai grave aussi, semble-t-il dire pour se faire pardonner sa familiarité.
Et il se pose devant moi sur la table, dans la tranquille attitude de ses frères de l'Égypte.
Mais le mouvement de la plume fait briller ses yeux verts. Mauvais symptôme! Le chat, trouvant que la plume ne court pas assez vite sur le papier, lui donne de petits coups de patte, que n'arrête pas un premier avertissement.
Qu'on est heureux d'être dérangé dans le travail, & quel excellent motif de paresse!
Le chat a repris son attitude solennelle, & moi ma plume. Mais ses taquineries recommencent.
—Hé! hé! lui dis-je, en manière de second avertissement.
Enfin un allons! ne l'ayant pas fait rentrer dans l'ordre, j'éloigne définitivement cet animal subversif.
Je suis donc délivré de l'opposition du chat; mais ce n'est pas pour longtemps.