[CHAPITRE XXI.]
LES AMOURS DES CHATS.
Au commencement d'un hiver, je pus observer les phénomènes de l'amour chez un chat & une chatte que je tenais renfermés; aucune de leurs évolutions ne fut perdue, grâce à un accident qui me faisait garder la chambre.
La chatte, plus joueuse que d'habitude, houspillait particulièrement le chat; le chat supportait ces agaceries en philosophe & se tenait dans le platonique.
Le lendemain, ce fut au tour du matou de poursuivre la chatte, qui à son tour fit la sourde oreille.
Trois jours durant, ces animaux jouèrent le Dépit amoureux.
Le chat poussait de longs gémissements; la chatte restait inflexible. Pas d'écho dans le cœur de la cruelle!
L'amant devenait sombre, mangeait à peine. Les pupilles de ses yeux étaient extraordinairement dilatées; à son regard, on voyait combien il souffrait. Il miaulait d'une façon désespérée par intervalle, frottait sa robe contre les meubles, cherchant à éteindre le feu intérieur qui le dévorait. La chatte ne semblait pas avoir conscience de ce martyre.