[II.]
LE CHAT CHEZ LES HÉBREUX ET DANS L'ANTIQUITÉ.
Il n'est pas question de chat domestique dans la Bible, & si le prophète, au nombre des animaux qui viendront crier la nuit dans les ruines de Babylone, évoque les Tsym[38] que certains commentateurs ont pris pour des chats, il est plus présumable qu'il s'agit des chacals.
[38] Le chat est appelé Tsy en hébreu, au pluriel Tsyim, d'après Bochart.
Itobades, imité par Pilpai dans les Fables indiennes, appelle le chat «le mangeur de souris.» Pilpai copie Itobades, Ésope copie Pilpai, Phèdre copie Ésope, & c'est ainsi qu'à travers les siècles se présente le chat à La Fontaine, qui, lui aussi, admet la caractéristique perfide de l'animal félin, telle que l'ont donnée les fabulistes ses aïeux.
M. Dureau de Lamalle croit que dans le Combat des grenouilles attribué à Homère, le vieux poëte parle du chat domestique qu'il appelle galé.
Il est plus certain que le mot ailuros employé par Hérodote & Aristote s'applique au chat domestique.
Diodore de Sicile, parlant des conquêtes d'Agatoche de Numidie, dit qu'il fit passer son armée à travers des montagnes élevées, habitées par un si grand nombre de chats, qu'aucun oiseau n'y fait son nid.
Élien prouve également que l'ailuros des Grecs est notre chat domestique, en faisant figurer cet animal au nombre de ceux que l'on peut apprivoiser par la nourriture & des caresses; il ajoute (sans doute Élien avait en vue les chats sauvages) que les singes, pour leur échapper, se réfugient à l'extrémité des branches.