Et les musiciens qui n'ont répété que trois fois ces œuvres nouvelles!

Et les choristes mâles, qui sont d'honnêtes Allemands amateurs, qu'on a réunis à la hâte pour le concert!

On parle des émotions du condamné à mort quand le juge vient lui signifier que le moment fatal est arrivé. L'Art renferme des émotions non moins cruelles qui se répètent journellement.


Je n'ai pas le programme du concert sous mes yeux; par quoi commençait-on? Sont-ce des fragments de Lohengrin ou de Tannhœuser?

Qu'importe? Je ne prétends pas donner une analyse régulière de chacun de ces fragments, mais la somme de sensations que j'ai recueillies de l'ensemble.


J'avoue que l'absence de mélodies, dont les prétendus connaisseurs parlaient depuis longtemps dans les revues et les gazettes, me préoccupait vivement; et les tentatives que j'avais entendues en France dans ce même sens, n'étaient pas propres à faire de moi un enthousiaste.

Des orchestrations étranges, des accouplements bizarres d'instruments à timbres ennemis, des mélodies singulières rompues tout à coup comme par un méchant gnôme, des armées formidables d'instrumentistes et de choristes, des télégraphes portant le commandement du chef d'orchestre à d'autres sous-chefs dans d'autres salles, à la cave et au grenier, me donnaient un certain effroi de cette musique de l'avenir d'outre-Rhin, dont les critiques sérieux ne parlaient qu'avec dédain.