Et la rose de mai sur sa joue effeuillée,

Je n'aime plus la vie et j'aime le Sommeil;

Le Sommeil, ce menteur au consolant mystère,

Qui déjoue à son gré les vains succès du Temps,

Et sur les cheveux blancs du vieillard solitaire

Épand l'or du jeune âge et les fleurs du printemps.

Il vient; et, bondissant, la Jeunesse animée

Reprend ses jeux badins, son essor étourdi;

Et je puise l'amour à sa coupe embaumée

Où roule en serpentant le myrte reverdi.