De la terre des vivants,

Comme la feuille séchée,

Qui, de sa tige arrachée,

Devient le jouet des vents.

Les quatre premiers vers de la première strophe sont bien, et les six derniers passables grâce à l'harmonie, quoiqu'un peu vides et chargés de mots; mais il fallait tenir compte du verset si touchant d'Isaïe: «Hélas! ai-je dit, je ne verrai donc plus le Seigneur, le Seigneur dans le séjour des vivants! Je ne verrai plus les mortels qui habitent avec moi la terre!» Ne plus voir les autres hommes, ses frères en douleurs, voilà ce qui afflige surtout le mourant. La seconde strophe est faible et commune, excepté les trois vers du milieu; à la place de cette trame usée qu'on voit partout, il y a dans le texte: «Le tissu de ma vie a été tranché comme la trame du tisserand.» Qu'est devenu ce tisserand auquel est comparé le Seigneur? Au lieu de la feuille séchée, le texte donne: «Mon pèlerinage est fini; il a été emporté comme la tente du pasteur.» Qu'est devenue cette tente du désert, disparue du soir au matin, et si pareille à la vie? Et plus loin:

Comme un lion plein de rage

Le mal a brisé mes os;

Le tombeau m'ouvre un passage

Dans ses lugubres cachots.

Victime foible et tremblante,