Les poésies fugitives de Delille n'ont rien de ce qui donne à tant de petites pièces de l'antiquité le sceau d'une beauté inqualifiable. Ce sont d'agréables madrigaux, de faciles et ingénieuses bagatelles, mais qui n'approchent pas du tour vif et galant des chefs-d'oeuvre de Voltaire en ce genre. On aime pourtant à se souvenir des jolis vers à mademoiselle de B., âgée de huit jours, qui remontent à 1769:
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Tous les êtres naissants ont un charme secret:
Telle est la loi de la nature.
Ces ormeaux orgueilleux, leur verte chevelure,
M'intéressent bien moins que ces jeunes boutons
Dont je vois poindre la verdure,
Ou que les tendres rejetons
Qui doivent du bocage être un jour la parure.
Le doux éclat de ce soleil naissant