Cest initialement pour lui seul, et pour quelques intimes, que Baudelaire a jeté sur le papier les bases de ce «livre de rancunes». Sachez, le moment venu, jeter sur certaines crudités, le manteau de Noé.
Ces journaux intimes sont restés à létat de feuilles volantes jusquà la mort du poète en 1867.
Poulet-Malassis, ami et éditeur de Baudelaire, numérote plus tard les fragments (chiffres arabes), les fixe sur des feuilles foliotées (chiffres romains), et fait relier le tout dans des cartonnages.
La présente édition comporte cette double numérotation, en chiffres romains et en chiffres arabes
I 1.
De la vaporisation et de la centralisation du Moi. Tout est là.
D'une certaine jouissance sensuelle dans la société des extravagants.
(Je peux commencer Mon coeur mis à nu n'importe où, n'importe comment, et le continuer au jour le jour, suivant l'inspiration du jour et de la circonstance, pourvu que l'inspiration soit vive).
2. Le premier venu, pourvu qu'il sache amuser, a le droit de parler de lui-même.
3. Je comprends qu'on déserte une cause pour savoir ce qu'on éprouvera à en servir une autre.