—«Madame, je sais bien ce qu'il peut, et encore mieux ce qu'il ne pourrait faire.
—«Eh quoi donc! ne voulez-vous pas obéir à votre roi?
—«J'en ai toujours eu la volonté, j'ai désiré de lui en témoigner les effets, et l'ai souvent supplié de m'honorer de ses commandements, pour m'opposer, sous son autorité, à ceux de la Ligue, qui s'étaient élevés en son royaume, au préjudice de ses édits, pour troubler son repos et la tranquillité publique.»
«Là-dessus la reine toute en colère: «Ne vous abusez point, mon fils, ils ne sont point ligués contre le royaume; ils sont Français, et tous les meilleurs catholiques de France, qui appréhendent la domination des huguenots, et pour le vous dire tout en un mot, le roi connaît leur intention, et trouve bon tout ce qu'ils ont fait. Mais laissons cela; ne parlez que pour vous, et demandez tout ce vous voulez: le roi vous l'accordera.
—«Madame, je ne vous demande rien; mais si vous me demandez quelque chose, je le proposerai à mes amis et à ceux à qui j'ai promis de ne rien faire ni traiter sans eux.
—«Or bien, mon fils, puisque vous le voulez comme cela, je ne vous dirai autre chose, sinon que le roi vous aime et vous honore, et désire vous voir auprès de lui, et vous embrasser comme son bon frère.
—«Madame, je le remercie très humblement, et vous assure que jamais je ne manquerai au devoir que je lui dois.
—«Mais quoi, ne voulez-vous dire autre chose?
-«Et n'est-ce pas beaucoup que cela?
—«Vous voulez donc continuer d'être cause de la misère, et à la fin de la perte de ce royaume?