—Vive la liberté! répondit le populaire.

—A bas Charles X! à bas les ministres! à bas Polignac! à bas les ordonnances!

—A bas! hurlèrent mille voix à la fois.

Vous comprenez, mesdames, que ceci était le gâteau destiné à fermer la gueule de Cerbère.

Nous sommes tous citoyens, nous sommes tous Français, continuai-je; jamais nous ne nous souillerons du sang d’un de nos frères désarmé. Il n’y a plus d’ennemis après la victoire. Cet officier, en obéissant aux ordres de ses chefs, a rempli son devoir; faisons le nôtre en mourant s’il le faut pour la patrie et la conservation de nos droits. Vive la Charte! vive la liberté!

—Vive la Charte! vive la liberté! beugla la foule.

—Il a raison; cet officier a fait son devoir. Ce serait un assassinat, s’écrièrent un grand nombre de voix.

—Merci, Marillac, me dit Bergenheim, que je venais de prendre par la main pour l’entraîner, en profitant de l’effet de ma harangue; mais ne me serrez pas si fort, car je crois bien que j’ai le bras droit cassé; sans cela je vous prierais seulement de me rendre mon sabre pour que j’apprenne à cette canaille qu’on ne tue pas un Bergenheim comme un poulet du Mans.

—Qu’il crie: vive la Charte! rugit un homme à figure féroce.

—Je ne reçois d’ordre de personne, répondit Christian d’une voix très haute, en le regardant avec des yeux qui eussent mis en fuite un rhinocéros.