Et in Sion veniam.

Solve crucem,

Due ad lucem

Degravatam animam.

Elle demande à reposer près de lui; c'est à lui qu'elle demande de la conduire au séjour d'éternelle lumière, et aussitôt elle entend le choeur et la harpe des anges; et les religieuses s'écrient: «Que tous deux se reposent du travail et d'un douloureux amour.

Requiescant a labore,

Doloroso et amore.

«Ils demandaient l'union des habitants des cieux: déjà ils sont entrés dans le sanctuaire du Sauveur.»

Note 346:[ (retour) ] Ce chant nous est transmis par un auteur allemand, qui ne dit point d'où il l'a tiré (Morlz Carriere, Abuelard und Heloise, p. XCVI). Je ne l'ai vu mentionné nulle part ailleurs. M. Carriere en donne une traduction en vers allemands, par M. Follen. Ce petit poème est très-simple. Les religieuses chantent d'abord deux stances de requiescat devant le tombeau; puis Héloïse en dit quatre analysées dans le texte; elle demande la mort et le ciel. Aussitôt les nonnes reprennent et annoncent la béatitude des deux époux. Héloïse elle-même aurait bien osé composer cela.

Héloïse vécut encore vingt et un ans; elle continua d'être l'objet de l'admiration et de la vénération générale. Son siècle la mettait au-dessus de toutes les femmes, et je ne sais si la postérité a démenti son siècle[347].