Note 393:[ (retour) ] C'est le sens de: De rationali et ratione uti, titre de l'ouvrage de Gerbert. (B. Pes, Thes. noviae. anecd., t. I, pars II, p. 148 et seqq.)

Note 394:[ (retour) ] Moralis philosophia de honesto et utili. (Ven. Hildeb., Op., p. 959. 1 vol. in-fol., Paris, 1708.)

Note 395:[ (retour) ] Dialogue de Grammatico, (S. Ansel., Op., p. 143.)

Note 396:[ (retour) ] Hist. litt., t. VII, p. 132.

On touchait à la fin du XIe siècle. Paris était dès longtemps la ville de l'intelligence. On dit que le nombre des étudiants y dépassait celui de la population sédentaire[397]. Plus de cent ans avant Abélard, des chaires de philosophie s'étaient élevées; le caractère de la philosophie séculière était indiqué; la scolastique avait commencé. On voit donc qu'Abélard, sous ce rapport, ne créa pas; il recueillit seulement une tradition[398]; mais il lui donna le mouvement et la vie, en lui prêtant sa puissance et sa renommée.

Note 397:[ (retour) ] Hist. litt., t. IX, p. 61, 78, etc.

Note 398:[ (retour) ] Les recherches de M. Cousin ont déjà fait connaître des manuscrits qui jettent du jour sur les écoles de dialectique antérieures au XIIe siècle (Append., p. 613-623). De nouvelles recherches dans le même sens conduiraient sans doute à renouer sans interruption le fil de l'enseignement scolastique à Paris. Car on doit convenir qu'entre Remi ou le commencement du Xe siècle, et Guillaume de Champeaux vers la fin du XIe, il y a une lacune assez obscure; on voit seulement qu'Odon, Abbon, et un certain Wilram, professèrent, à Paris, la philosophie, mais longtemps avant l'an 1000. (Launoy, loc. cit. et Hist. litt. t. IX, p. 61.)

Maintenant, à quelle époque faut-il fixer l'avénement d'Aristote au gouvernement de l'école? On sait parfaitement celle où il obtint une influence prédominante et bientôt exclusive, grâce au renfort qu'apportèrent les Arabes, grâce à la protection de l'empereur Frédéric II; c'est après Abélard, au commencement du XIIIe siècle. Mais Aristote, avant de devenir dictateur, comme Bacon l'appelle, avait été consul. A la fin du XIe siècle, l'enseignement de la dialectique, dès longtemps établi dans l'école, s'anime et s'agrandit; la popularité d'Aristote commence et présage son autorité future[399]. Abélard paraît, et soudain il devient le plus puissant promoteur de cette autorité. Il illustre et fortifie de son éloquence et de sa gloire ce naissant empire de la logique, qui ne devait s'organiser et se proclamer qu'après lui[400].

Note 399:[ (retour) ] C'est au Xe ou XIe siècle que M. Cousin (Append., p. 658) rapporte un poème sur les catégories où on lit:

Doctor Aristoteles cui nomen ipsa dedit res,

Ingenio polleus miro, praecelluit omnes.

Note 400:[ (retour) ] Cf. Launoy, De var. Arist. in Acad. paris, fort., c. I et III.—Brucker, Hist. crit. phil., t. III, p. 670-684.—Buddaei Observ. select., t. VI, ch. XVIII et XX.—Jourdain, Rech. sur les trad. d'Arist., passim.—M. Rousselot, Phil. dans le moy. âge, 1re part—Voyez aussi le chap. suiv. et le chap. I du l. III.