Lorsqu'ils eurent pris un copieux repas, ils exigèrent de l'argent.
La pauvre mère comprit alors qu'elle avait affaire à des scélérats et qu'elle pouvait redouter les derniers outrages. Elle chercha à gagner du temps espérant qu'on reviendrait bientôt de l'Église lui porter secours.
Par malheur pour elle, la messe avait été beaucoup retardée, le curé ayant été obligé d'aller administrer les derniers sacrements à un homme mourant.
C'est alors que Paulo, saisissant son tomahawk en asséna un coup terrible sur la tête de l'infortunée qui tomba assommée. Deux crimes affreux furent accomplis ensuite.
Les infâmes firent des recherches dans tous les coins de la maison et découvrirent une somme d'argent considérable qu'ils séparèrent entre eux puis ils disparurent.
Les enfants avaient été enfermés dans un cabinet pendant l'accomplissement de ce drame odieux. Le complice de Paulo les avait menacés de sa hache avec des imprécations effroyables et jurait de leur fendre la tête s'ils proféraient une parole ou essayaient de sortir.
Les pauvres petits s'étaient blottis l'un près de l'autre demi-morts de terreur, n'osant pas pleurer et retenant leur respiration.
Lorsque le bruit eut cessé, le plus âgé se décida à s'avancer tout doucement vers la fenêtre. Il aperçut les deux bandits qui fuyaient dans la direction du bois. Ils sortirent alors de leur cachette ouvrirent la porte de l'appartement où ils avaient vu leur mère pour la dernière fois. Une mare de sang inondait le plancher. Hélas! la pauvre femme n'était plus qu'un cadavre.
Je renonce à peindre la scène déchirante qui s'en suivit, les larmes et les cris de désespoir des malheureux enfants.
Enfin la messe était terminée et le père revenait tout joyeux avec les autres personnes de la famille, lorsqu'ils rencontrèrent dans l'avenue les deux enfants qui couraient éplorés en criant: "papa, papa, viens donc vite, maman est morte, il y a des hommes méchants qui l'ont tuée." Le père en ouvrant la porte ne connut que trop la triste verité.