—J'y veillerai, je serai sur mes gardes,—dit Wilding.—À quel endroit ce diable de bourdonnement m'a-t-il pris?

—Au rôti, au bouilli, et à la bière. Vous disiez: logeant sous le même toit, afin que nous puissions tous tant que nous sommes....

—Tous tant que nous sommes!... Ah! c'est cela.... Tous tant que nous sommes, bourdonnant ensemble....

—Là... là...—interrompit Bintrey.—Quand je vous disais que vos bons sentiments ne sont propres qu'à vous exalter, à vous faire du mal.... Voulez-vous encore essayer de la pompe?

—Non! non! c'est inutile. Je vais bien, Monsieur Bintrey. Je reprends donc: Afin que nous puissions, tous tant que nous sommes, formant une sorte de famille.... Voyez-vous, je n'ai jamais été accoutumé à l'existence personnelle que tout le monde mène dans son enfance. Plus tard j'ai été absorbé par ma pauvre chère mère. Après l'avoir perdue, je me suis trouvé bien plus apte à faire partie d'une association qu'à vivre seul. Je ne suis rien par moi-même.... Ah! Monsieur Bintrey, faire mon devoir envers ceux qui dépendent de moi et me les attacher sans réserve, cette idée revêt à mes yeux un charme tout patriarcal et ravissant! Je ne sais quel effet elle peut produire sur vous....

—Sur moi?—répliqua Bintrey,—il n'importe guère. Que suis-je en cette circonstance? Rien. C'est vous qui êtes tout, Monsieur Wilding? Par conséquent, l'effet que vos idées peuvent produire sur moi est ce qu'il y a de plus indifférent au monde.

—Oh!—s'écria Wilding avec un feu extraordinaire,—mon plan me parait, à moi, délicieux....

—En vérité!—interrompit brusquement l'homme d'affaires,—si j'étais à votre place, je ne voudrais pas m'agi....

—Ne craignez rien,—fit Wilding.—Tenez!—continua-t-il en prenant sur un meuble un gros livre de musique.—Voici Haendel.

—Haendel,—répéta Bintrey avec un grognement menaçant,—qui est cela?