—Faites-moi l'honneur de me rendre visite demain même,—dit Obenreizer,—et nous réglerons cela ensemble. Et prenez donc un grog avant de partir. Non?... bien... bien... nous réserverons le grog pour le jour où vous aurez vos trois mille livres de revenu et serez près d'être marié.... Ah! quand cela sera-t-il?

—J'ai fait il y a quelques mois un inventaire de ma maison. Si les espérances que cet inventaire me donne se réalisent, j'aurai doublé mon revenu....

—Et vous serez, marié?—interrompit Obenreizer....

—Et je serai marié dans un an. Bonsoir!


[Vendale se décide.]

Lorsque Vendale entra dans son bureau le lendemain matin, il était dans des dispositions toutes nouvelles. Le jeune homme ne trouvait plus insipide sa routine commerciale du Carrefour des Écloppés:

Marguerite, désormais, était intéressée dans la maison. Tout le mouvement qu'y avait produit la mort de Wilding,—son associé ayant alors dû procéder à une estimation exacte de la valeur de l'association,—la balance des registres, le compte des dettes, l'inventaire de l'année, tout cela se transformait à présent aux yeux de Vendale en une sorte de machine, une roulette indiquant les chances favorables ou défavorables à son mariage. Après avoir examiné les résultats que lui présentait son teneur de livres et vérifié les additions et les soustractions faites par ses commis, Vendale tourna son attention vers le département du prochain inventaire, et il envoya aux caves un messager qui demandait un rapport.

Joey Laddle apparut bientôt. Il passa la tête par la porte entrebâillée du cabinet; cet empressement donnait à penser que cette matinée avait dû voir quelque événement extraordinaire. Il y avait un commencement de vivacité dans les mouvements du garçon de cave; et quelque chose même, qui ressemblait à de la gaieté, se lisait sur son visage.

—Qu'y a-t-il?—demanda Vendale surpris,—quelque mauvaise nouvelle?