Quant à lui, il continua ses recherches; une minute après, il trouvait le faux reçu. C'était bien le modèle imprimé et numéroté qu'indiquait la maison Suisse. Vendale prit note du numéro et de la date. Après avoir classé le reçu et fermé la chambre de fer, il eut le loisir de remarquer Obenreizer qui lisait la lettre de Defresnier, à l'autre bout de la chambre, dans l'enfoncement de la croisée.

—Venez donc auprès du feu. Vous grelottez de froid là-bas, je vais sonner pour qu'on apporte du charbon.

Obenreizer revint lentement au pupitre.

—Marguerite sera aussi désolée de cette nouvelle que moi-même,—dit-il d'un ton amical;—qu'avez-vous l'intention de faire?

—Je suis à la discrétion de Defresnier et Cie,—répondit Vendale.—Dans l'ignorance absolue des circonstances qui ont accompagné le vol, je ne puis que faire ce qu'ils me recommandent. Le reçu que je tenais à l'instant est numéroté et imprimé. Ils paraissent attacher à ce détail une importance particulière. Pourquoi?... Vous qui avez dû acquérir une certaine connaissance de leurs affaires, tandis que vous étiez dans leur maison, pouvez-vous me le dire?

Obenreizer réfléchit.

—Si j'examinais le reçu!—dit-il.

—Bon!—s'écria Vendale, frappé par le changement qui venait de s'opérer sur sa physionomie.—Vous sentez-vous incommodé? Encore une fois, approchez-vous donc du feu. Vous avez l'air d'être transi.... Oh! j'espère que vous n'allez, pas tomber malade.

—Je ne sais,—dit Obenreizer.—Peut-être ai-je pris froid. Votre climat Anglais aurait bien fait d'épargner l'un de ses admirateurs.... Mais, faites-moi voir le reçu.

Tandis que Vendale rouvrait la chambre de fer, Obenreizer prit une chaise et s'assit; il étendit ses deux mains au-dessus de la flamme.