—N'en faites rien, s'écria Jingle. Quittez cette chambre, monsieur! Pas d'affaires ici. Dame libre et maîtresse de ses actions. Plus de vingt et un ans.

—Plus de vingt et un ans! répéta M. Wardle avec mépris. Plus de quarante et un ans!

—Ce n'est pas vrai! s'écria la tante demoiselle, son indignation l'emportant sur son désir de se trouver mal.

—C'est vrai, répliqua M. Wardle. Vous avez cinquante ans, comme un jour!»

La tante demoiselle poussa un cri aigre, et perdit connaissance.

M. Pickwick, avec son aménité accoutumée appela l'hôtesse, et lui demanda un verre d'eau.

«Un verre d'eau! repartit le colérique vieillard; apportez-en un baquet et jetez-le sur elle. Cela lui fera du bien, et elle le mérite richement.

—Fi! brute que vous êtes!» s'écria la compatissante hôtesse. Puis, avec diverses exclamations de: «pauvre chère dame! Allons, allons, pauvre chérie! buvez un peu de ça; ça vous fera du bien; ne vous laissez pas abattre comme ça; pauvre amour!» etc., etc. L'hôtesse, assistée par une servante commença à humecter le front, à frapper dans les mains, à chatouiller le nez, à délacer le corset de la tante demoiselle, et à lui administrer enfin tous les calmants appliqués ordinairement par les sensibles matrones aux dames qui s'efforcent de se donner des attaques de nerfs.

«La voiture est prête, monsieur, dit Sam, en paraissant à la porte.

—Allons! venez, reprit M. Wardle. Je vais la porter dans la voiture.»