—Me servir et voyager avec moi et ces gentlemen.

—Otez l'écriteau! s'écria Sam avec emphase. Je suis loué à un gentleman seul, et le terme est convenu.

—Vous acceptez ma proposition?

—Certainement. Si les habits me prennent la taille moitié aussi bien que la place, ça ira.

—Naturellement, vous pouvez fournir de bons certificats?

—Demandez à l'hôtesse du Blanc-Cerf, elle vous dira ça, monsieur.

—Pouvez-vous venir ce soir?

—Je vas endosser l'habit à l'instant même, s'il est ici, s'écria Sam avec une grande allégresse.

—Revenez ce soir, à huit heures, répondit M. Pickwick, et si les renseignements sont satisfaisants, nous verrons à vous faire habiller.»

Sauf une aimable indiscrétion, dont s'était en même temps rendue coupable une des servantes de l'hôtel, la conduite de M. Weller avait toujours été très-méritoire. M. Pickwick n'hésita donc pas à le prendre à son service, et avec la promptitude et l'énergie qui caractérisaient non seulement la conduite publique, mais toutes les actions privées de cet homme extraordinaire, il conduisit immédiatement son nouveau serviteur dans un de ces commodes emporiums, où l'on peut se procurer des habits confectionnés ou d'occasion, et où l'on se dispense de la formalité inconnue de prendre mesure. Avant la chute du jour, M. Weller était revêtu d'un habit gris avec des boutons P.C., d'un chapeau noir avec une cocarde, d'un gilet rayé, de culottes et de guêtres, et d'une quantité d'autres objets trop nombreux pour que nous prenions la peine de les récapituler.