—Chère amie, répondit l'éditeur.
—Je désirerais que vous voulussiez bien trouver un autre sujet de conversation, afin que ces messieurs puissent y prendre quelque intérêt.
—Mais, mon amour, dit M. Pott avec humilité, M. Pickwick y prend grand intérêt.
—C'est fort heureux pour lui! Mais moi je suis lasse, à mourir, de votre politique, de vos querelles avec l'Indépendant, et de toutes ces sottises. Je suis tout à fait étonnée, Pott, que vous donniez ainsi en spectacle vos absurdités.
—Mais, chère amie, murmura le malheureux époux.
—Sottises! ne me parlez pas. Jouez-vous à l'écarté, monsieur?
—Je serai enchanté, madame, d'apprendre avec vous, répondit galamment M. Winkle.
—Eh bien! alors, tirez cette table auprès de la fenêtre, pour que je n'entende plus cette éternelle politique.
—Jane, dit M. Pott à la servante, qui apportait de la lumière, descendez dans le bureau, et montez-moi la collection des gazettes pour l'année 1830. Je vais vous lire, continua-t-il en se tournant vers M. Pickwick, je vais vous lire quelques-uns des articles de fond que j'ai écrits, à cette époque, sur la conspiration des jaunes pour faire nommer un nouveau péager à notre Turnpike. Je me flatte qu'ils vous amuseront.
—Je serai véritablement charmé de vous entendre,» répondit M. Pickwick.