Motus. Le fauteuil ne voulait pas se laisser entraîner à causer.

«Quelle armoire m'avez-vous montrée? poursuivit Tom. Vous pouvez bien me dire cela?»

Même rengaine, le fauteuil ne consentait pas à souffler un seul mot.

«Quoi qu'il en soit, il n'est pas bien difficile de l'ouvrir», pensa Tom. Il sortit du lit résolument et s'approcha d'une des armoires. La clef était à la serrure; il la tourna et ouvrit la porte. Il y avait dans l'armoire un pantalon; Tom fourra sa main dans la poche et en tira la lettre même, dont le vieux gentleman avait parlé.

«Drôle d'histoire, dit Tom en regardant d'abord le fauteuil, ensuite l'armoire, puis la lettre, et en revenant enfin au fauteuil. Drôle d'histoire!» Mais il avait beau regarder, cela n'en devenait pas plus clair et il pensa qu'il ferait aussi bien de s'habiller et de terminer l'affaire du grand homme, simplement pour ne pas le laisser en suspens.

En descendant au parloir il examina les localités avec l'œil scrutateur du maître, pensant qu'il n'était pas impossible que toutes ces chambres, avec leur contenu, devinssent avant peu sa propriété. Le grand homme était debout dans le séduisant comptoir, ses mains derrière son dos, comme chez lui. Il sourit à Tom, d'un air distrait. Un observateur superficiel aurait pu supposer qu'il n'agissait ainsi que pour montrer ses dents blanches, mais Tom pensa qu'un sentiment de triomphe remuait l'endroit où aurait dû être l'esprit du grand homme, si toutefois il en avait. Tom lui rit au nez et appela l'hôtesse.

«Bonjour, madame, dit Tom Smart, en fermant la porte du petit parloir, après que la veuve fut entrée.

—Bonjour, monsieur, répondit la veuve, que voulez-vous prendre pour déjeuner, monsieur?»

Tom ne répondit point, car il cherchait de quelle manière il devait entamer l'affaire.

«Il y a un excellent jambon, reprit la veuve, et une excellente volaille froide. Vous les enverrai-je, monsieur?»