Sam Weller les attendait à la porte de l'Ange et les introduisit dans l'appartement de M. Pickwick. Là, à la grande surprise de M. Winkle et de M. Snodgrass, et à l'immense confusion de M. Tupman, ils trouvèrent le vieux Wardle avec M. Trundle.
«Comment ça va-t-il? dit le vieillard en serrant la main de M. Tupman. Allons! allons! ne prenez pas un air sentimental. Il n'y a pas de remède à cela, vieux camarade. Pour l'amour d'elle je voudrais qu'elle vous eût épousé, mais dans votre intérêt je suis bien aise qu'elle ne l'ait pas fait. Un jeune gaillard comme vous réussira mieux un de ces jours, eh!» Tout en proférant ces consolations, le vieux Wardle tapait sur le dos de M. Tupman, et riait de tout son cœur.
«Et vous, mes joyeux compagnons, comment ça va-t-il? poursuivit le vieux gentleman, en secouant à la fois la main de M. Winkle, et celle de M. Snodgrass. Je viens de dire à Pickwick que je voulais vous avoir tous à Noël. Nous aurons une noce; une noce réelle, cette fois-ci.
—Une noce! s'écria M. Snodgrass en pâlissant.
—Oui, une noce. Mais ne vous effrayez pas, répliqua le bienveillant vieillard; c'est seulement Trundle que voici, et Bella.
—Oh! est-ce là tout? reprit M. Snodgrass, soulagé d'un doute pénible qui avait étreint son cœur comme une main de fer. Je vous fais mon compliment, monsieur. Comment va Joe?
—Lui? très-bien. Toujours endormi.
—Et madame votre mère? et le vicaire? et tout le monde?
—Parfaitement bien.
—Monsieur, dit M. Tupman avec effort; où est... où est-elle?» En parlant ainsi il détourna la tête et couvrit ses yeux de ses mains.