—Eh bien! poursuivit Job avec grande précision et du ton peu élevé d'un homme qui communique un secret important. Dans cette maison à la porte verte, monsieur Weller, il y a beaucoup de domestiques.

—Je m'en doute bien, interrompit Sam.

—Oui, et il y a une cuisinière qui a épargné quelque chose, monsieur Weller, et qui désire ouvrir une petite boutique d'épicerie, voyez-vous.

—Oui dà?

—Oui, monsieur Weller, hé bien! monsieur, je l'ai rencontrée à une petite chapelle où je vais. Une bien jolie petite chapelle de cette ville, monsieur Weller, où on chante ce recueil d'hymnes que je porte habituellement sur moi et que vous avez peut-être vu entre mes mains, et j'ai fait connaissance avec elle, monsieur Weller; et puis il s'est établi une petite intimité, et je puis me hasarder à dire que je compte devenir l'épicier.

—Ah! et vous ferez un très-aimable épicier, répliqua Sam en examinant de côté M. Trotter avec un profond dégoût.

—Le grand avantage de ceci, monsieur Weller, continua Job, dont les yeux se remplissaient de larmes; le grand avantage de ceci c'est que je pourrai quitter le service déshonorant de ce méchant homme, et me dévouer tout entier à une vie meilleure et plus vertueuse. Une vie plus conforme à la manière dont j'ai été élevé, monsieur Weller.

—Vous devez avoir été joliment éduqué, hein?

—Oh! avec un soin! avec un soin incroyable, monsieur Weller! et en se rappelant la pureté de son enfance, M. Trotter tira de nouveau le mouchoir rose et pleura copieusement.

—Qu'on devait être heureux d'aller à l'école avec un enfant aussi pieux que vous!