Nous avons dit pour laisser entrer M. Job Trotter, mais cette expression n'a pas l'exactitude scrupuleuse dont nous nous piquons. La porte s'ouvrit et M. Job Trotter parut. Il serait entré, et même il était en train d'entrer, lorsqu'il aperçut Sam. Reculant involontairement un pas ou deux, il resta muet et immobile à contempler avec étonnement et terreur la scène qui s'offrait à ses yeux.
«Le voici! s'écria Sam, en se levant plein de joie. Eh bien! je parlais de vous dans ce moment ici, comment ça va-t-il? pourquoi donc êtes-vous si rare? Entrez.» En disant ces mots, il mit la main sur le collet violet de Job, le tira sans résistance dans la cuisine, ferma la porte et en passa la clef à M. Muzzle, qui l'enfonça froidement dans une poche de côté, et boutonna son habit par-dessus.
«Eh bien! en voilà une farce! s'écria Sam. Mon maître qui a le plaisir de rencontrer votre maître là haut, et moi qui a le plaisir de vous rencontrer ici en bas. Comment ça vous va-t-il? Et notre petit commerce d'épiceries, ça marche-t-il bien? Véritablement, je suis charmé de vous voir. Comme vous avez l'air content! C'est charmant. N'est-il pas vrai, M. Muzzle?
—Certainement.
—Il est si jovial!
—De si bonne humeur!
—Et si content de nous voir! C'est ça qui fait le plaisir d'une réunion. Asseyez-vous, asseyez-vous.»
Job se laissa asseoir sur une chaise, au coin du feu, et dirigea ses petits yeux d'abord sur Sam, pois sur Muzzle; mais il ne dit rien.
«Eh bien! maintenant, reprit Sam, faites-moi l'amitié de me dire devant ces dames ici, si vous croyez être le gentleman le plus gentil et le mieux éduqué qui a jamais employé un mouchoir rouge et les hymnes n° 4.
—Et qui a jamais été pour être marié à une cuisinière, le mauvais gueux! s'écria la cuisinière avec une sainte indignation.