Une heure de marche amena nos voyageurs auprès d'une petite auberge plantée entre deux ormes sur le bord de la route. On voyait par-devant une grande auge et une énorme enseigne; par derrière, une ou deux meules déformées; sur le côté, un jardin potager; et tout autour, entassés dans une étrange confusion, des hangars ruinés et des appentis couverts de mousse. Un paysan, porteur d'une tête rousse, travaillait dans le jardin. M. Pickwick l'aperçut et lui cria: «Ohé, là bas!» Le paysan se releva lentement, abrita ses yeux avec ses mains, et examina froidement M. Pickwick et ses compagnons.
«Ohé, là bas! répéta M. Pickwick.
—Ohé, répondit la tête rousse.
—Combien y a-t-il d'ici à Dingley-Dell?
—Sept bons milles.
—La route est-elle bonne?
—Non!» rétorqua brièvement le paysan. Puis, ayant fait subir à nos voyageurs un nouvel examen, il se remit à travailler, sans s'occuper d'eux davantage.
«Nous voudrions laisser ce cheval ici, reprit M. Pickwick.
—Laisser le cheval ici? répéta l'homme en s'appuyant sur sa bêche.
—Précisément, répondit M. Pickwick, qui s'était avancé avec son coursier jusqu'à la porte de la palissade du jardin.